L'insurrection populaire de 1956 c'est la statue de Staline qui tombe, c'est les chars soviétiques qui tirent dans la foule. Avec Viktor Lugosi nous évoquons le soulèvement d'octobre 56 à Budapest. La première et la seule révolution anti-totalitaire qui a dévoilé le vrai visage du stalinisme. Premier signe de la crise qui allait aboutir à la chute du mur en novembre 1989. Aujourd'hui dans les manifs à Budapest on entend "56 les tanks, 2012 les banques".
Reportage d'Antoine Chao et Daniel Mermet.
Là-bas si j'y suis
par Daniel Mermet
du lundi au vendredi de 15h à 16h

l'émission du mercredi 22 février 2012
La Hongrie en marche arrière VII
bibliographie
La tragédie hongroise - 1956
de François Fejtő
éditeur : Horay
parution : 2006













Merci Daniel pour cette nouvelle série d'émissions! Très fouillé, comme d'habitude.
Par contre, tu (20 ans d'écoute, ça engendre de la proximité) dis que les Français ne comprennent pas qu'il y a deux solutions anticapitalistes: la gauche et l'extrême droite (je me trompe peut-être). Ton invité citait l'exemple d'Hitler en Allemagne.
Je reconnais que cela ne m'est pas naturel. Le capitalisme provoque une guerre entre pauvres ou entre classes moyennes et pauvres pour l'emploi, pour les logements sociaux, pour le pouvoir d'achat etc. L'extrême droite propose de taper sur un (ou des) bouc(s) émissaire(s) que nous connaissons tous pour régler tous les problèmes. L'extrême droite s'appuie aussi sur une économie libérale, il me semble...
Bref, je n'ai pas tout compris au positionnement de l'extrême droite.
Peux-tu nous éclairer à ce sujet?
J'ai énormément apprécié l'intervention de M. Tamás Gáspár Miklós de la veille, merci de l'avoir fait participer. C'est un des rares hommes qui ait une vision de la société en dehors des cases prédéfinies de la politique actuelle. Merci également de vos tentatives de mise en contexte historique au cours des émissions.
En ce qui concerne l'intervenant d'aujourd'hui et des "ostalgiques" en général : il y a un énorme éléphant rose dans la pièce que tout le monde semble refuser de voir. Il s'agit du fait que le plein emploi, la couverture sociale, la relative richesse culturelle, etc., offerts par le communisme "de goulash" ont été bâtis sur des fondements économiques inexistants. C'est grâce à l'endettement continuel de l'état auprès de banques étrangères, et ceci pendant des décennies, qu'une telle politique généreuse a été possible. Sauf qu'à la fin des années 80, lorsque ce développement non-durable arrivait à bout de souffle, les responsables du Parti ont baissé le bras et ont délégué le sale boulot du redressement fiscal aux nouveaux gouvernements démocratiques.
En sa qualité de journaliste peut-être ? Ou faut-il être membre de la ligue 1 pour parler de foot, Neil Armstrong pour parler de la lune, ou poule pour savoir ce qu'est un œuf ?
L'Agonie-de-Homs ressemble en tous points à l'Agonie-de-Budapest (journalistes-occidentaux qui tombent sous les obus-des-chars, gesticulation-des-diplomaties, indignation-des-humanitaires). Mais comme dans le cas-hongrois, la force du statu-quo entre grandes-puissances l'emportera sur tout le reste et l'armée-du-régime qui pilonne la ville-syrienne entrera dans ses ruines en gagnante, sans rencontrer d'obstacle-international à part purement verbal
En quelle qualité vous analysez la Hongrie ? Êtes-vous "spécialiste de la Hongrie", comme on dit en France... ? Parce que "là bas", vous savez, être "spécialiste de la France", ça n'existe pas. On est soit enseignant (spécialiste) de langue française, soit spécialiste de la littérature française (dix-huitiémiste, par exemple), soit historien, avec des compétences sur le XIXs et la France par exemple, soit politiste etc.. . Tous ces professionnels parlent "la langue de Molière !
En démocratie, tout devrait être l'affaire de tous. Pas des seuls "spécialistes". Et comme la Hongrie et la France sont quelque part liées du fait de leur appartenance à l'U.E., il est normal qu'un journaleux français s'intéresse à ce qui se passe en Hongrie (et qu'un journaleux Magyar s'intéresse à ce qui se passe en France). Que "Là-bas" raconte n'importe quoi ou non, c'est une autre histoire.
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